Voyage 1987 – 1989

Edirne

A quelques kilomètres de la frontière bulgare, notre premier contact avec la Turquie, et donc notre première impression, c’est Edirne, fondée en l’an 125 par l’empereur romain Hadrien. Toutefois, en raison de sa situation géographique, entre les deux grands fleuves, la Maritza et la Tunca, Edirne a été habité dès la préhistoire. Cette ancienne capitale ottomane est en réalité une charmante ville, avec un bazar très animé.
En traversant la ville, on découvre une impressionnante mosquée. La mosquée Selimiye, avec ses hauts minarets de 71 m et son dôme majestueux, domine toute la villedu haut de sa colline.. Elle a été commandée par le sultan Selim II, imaginée par l’architecte Sinan et construite entre 1568 et 1574. Sinan considérait lui-même la Selimiye comme son plus bel ouvrage.

En quittant Edirne, nous traversons une région agricole, qui possède l’un des sols les plus fertiles de Turquie. Sur la route deux voitures de police nous font signe de nous arrêter. On s’exécute, un peu inquiets … mais c’est juste pour partager une pastèque. Bienvenue en Turquie !

Istanbul

La route depuis Edirne jusqu’à Istanbul est en mauvais état. Nids de poule, poussière, ici celui qui passe c’est celui qui a un klaxon puissant !
Nous nous posons au Yesilyurt Kamping à Ataköy (en direction d’Havlani). Ce sera pour quelques jours notre camp de base, pour découvrir Istanbul soit avec le Toyota, soit par le train, station Ataköy. Circuler à pied est certainement pour nous le meilleur moyen de découvrir le vieil Istanbul, avec ses vieilles ruelles, ses vieux quartiers et d’autant plus que les lieux historiques et touristiques sont tous proches les uns des autres.

Ici finit l’Europe, ici commence l’Asie. La ville asiatique est séparée de la ville européenne par un pont impressionnant : le pont du Bosphore. Circulation de folie, vieilles voitures au klaxon puissant. Les feux tricolores sont indicatifs et pas obligatoires. A cheval sur deux continents, bâtie sur sept collines, de nombreuses ruelles, cette ville bruyante, cosmopolite nous séduit.

L’horizon est fait d’innombrables minarets, et donc de mosquées. La mosquée Bleue (Sultan Ahmet Camii), achevée en 1616, décoration intérieure en faïences émaillées avec une dominante bleue, et ses 6 minarets.
Sainte Sophie (Aya Sofia), symbole de l’empire byzantin, énorme de l’extérieur mais magnifique à l’intérieur. Sainte Sophie à été une basilique, puis une mosquée (règne du sultan Mehmet II). C’est en 1935 qu’Atatürk décida d’en faire un musée laïc et culturel.
A deux pas de la mosquée bleue, on ne résiste pas à prendre un peu le frais en visitant le grand réservoir souterrain (Yerebatan Sarayi : la citerne enfouie sous terre),  construit par les romains pour y stocker l’eau de la ville. Conduite dans la ville par des aqueducs qui la recueillaient des collines environnantes, l’eau était stockée dans des citernes couvertes puis distribuée par des fontaines au coin des rues. Yerebatan est la seule citerne ouverte au public. Cette énorme citerne, avec 336 colonnes, mesure 140 m de long sur 70 m de large, les proportion d’une cathédrale !

Le palais de Topkapi : Impossible de passer à côté de ce musée, entouré de jardin, qui fut la splendide résidence des sultans. Il est situé juste derrière Sainte-Sophie. On peut aussi visiter le harem, mais uniquement avec un guide. Dans une autre partie du musée, de très nombreuses vitrines dévoilent des objets précieux, des casques, des bijoux, dont un énorme diamant, un trône recouvert d’or, … On en prend plein les yeux.

Le grand Bazar, plus grand marché couvert du monde, ressemble à une ruche. Autrefois, centre commercial d’Istanbul, c’est aujourd’hui une attraction touristique où l’on trouve de tout. Au centre le « Vieux bazar » où on peut acheter des tapis, des vêtements, des antiquités … (attention aux prix !)
On préfère aller flâner au Bazar Egyptien (Misir Carsisi) : épices, confiture, fromage encore dans leur peau de chèvre, miel …

Nous aimons bien flâner le long du Pont de Galata, proche du marché égyptien. Ce pont, long de 490 mètres, enjambe la Corne d’Or. C’est l’un des endroits les plus animés d’Istanbul. De nombreux pêcheurs à la ligne participent à cette animation. Il y a aussi des vendeurs de matériels de pèche et sous le pont des petits restaurants, principalement à base de poissons.

Pour retourner au Yesilyurt Kamping, nous prenons de nouveau le train de banlieue (1,20 frs pour nous deux). Même bondé le train est très agréable, pas de mauvaise odeurs comme à Paris. On descend à la station Ataköy …. Une station trop tôt !
Un autre avantage d’être au Yesilyurt Kamping, nous sommes proches du musée de l’aviation d’Istanbul, que nous visitons avec plaisir.

Traversée de la Mer Noire

Aujourd’hui est un grand jour. Nous allons prendre le ferry pour nous rendre dans l’Est de la Turquie. Il effectue cette traversée trois à quatre fois par semaine. Mais nous devons d’abord trouver l’agence qui vend les billets (vente uniquement sur place) et le bateau.
En partant de bonne heure, circulation fluide le long de la mer. Mais cela ne va pas durer. Nous trouvons facilement la Rithim Cad. C’est là que se trouvent l’agence et le terminal de ferry.
Devant l’agence, Patrick se gare, laisse les clés sur le contact et part seul acheter nos billets. Je reste à l’intérieur, plongée dans le guide de la Turquie de l’Est. La porte côté conducteur s’ouvre, le moteur démarre, je demande si tout est Ok mais pas de réponse. Je relève la tête et je découvre un grand Turc au volant en train de démarrer ….. Panique !!
Il me rassure et essaye de m’expliquer qu’il est le gardien du parking et qu’il déplace le Toyota, pour sortir un autre véhicule. C’est son métier, il joue au « taquin » toute la journée, mais les pions sont remplacés par des voitures. Patrick arrive enfin, avec les billets, et reprend les commandes du Toyota.

Direction l’embarcadère, il est presque midi et on va pouvoir déjeuner en attendant l’arrivée du Ferry.
15h00, on se met les premiers dans la file d’attente, car on ne sortira du ferry qu’à la dernière escale, Trabzon.
17h30, les voitures garées derrière passent devant nous, et doivent se garer dans le fond du ferry, alors que la plupart sortiront avant nous, soit à Sinop soit à Samsun. Organisation très « à la Turque ».
18h30, en faisant du forcing, on réussi à rentrer notre petit Toyota dans la cale.
19h00, on prend possession de notre cabine pour deux nuits à bord. Le ferry quitte le port d’Istanbul. Nuit tranquille.
C’est un beau soleil qui nous attend durant toute cette traversée. On a pris les pulls et les bonnets, pensant qu’on aurait froid sur le pont. Tout faux, le soleil cogne dur. La journée passe entre jeux, repas, farniente et lecture. Il y a bien un semblant de piscine, mais les Turques ne se baignent pas. Ils préfèrent grignoter des graines de tournesol et cracher les coques dans la piscine.
J+1 – 15h00, première escale rapide à Sinop. Mais Patrick doit bouger le Toyota pour laisser les voitures sortir … on s’en doutait ! Plus tard, escale à Samsun, mieux organisée. Pas besoin de déplacer le Toyota. Deuxième nuit tranquille.
J+2 – 9h00, sortie rapide du ferry. Nous voici à Trabzon …. A nous la Turquie de l’Est !!

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