Boudnib  (ou Bou Denib), cette petite ville était noté sur les cartes scolaires de géographie dans les années 1950 (comme on peut le voir avec la flèche rouge sur la carte), alors que sa voisine, Errachidia, aujourd’hui bien plus grande, n’y figurait pas. Cela est dû à son passé …

Boudnib dans l’histoire :
Au Maroc, le 19ème siècle est marqué par des désordres de plus en plus graves aussi bien dans le domaine intérieur que sur le plan international. Des opérations en territoire chérifien (dynastie régnante au Maroc) débutent en 1907 dans la zone accessible depuis l’Algérie (Colomb-Béchar).  Au mois de mars, des éléments de la division d’Oran occupent Oujda, métropole du Maroc oriental. En 1908, la Légion intervient dans la région du Tafilalet. La 24e compagnie montée du 1er Étranger enlève à la baïonnette le piton de Menabha aux harkas nettement supérieurs en nombre. Boudnib est pris à son tour.

Le poste qui y est construit deviendra par la suite le centre de rayonnement des compagnies montées. Boudnib, cette petite ville avait le profil idéal pour servir de garnison aux troupes françaises dans leur progression vers l’intérieur du pays. Près de la nouvelle caserne, on peut encore voir au sol les traces des anciens campements de tentes des légionnaires.

En 1908, le blockhaus principal du poste, tenu par 60 légionnaires, résiste sans tomber aux furieuses attaques de quelques milliers de guerriers de Moulay-Lhassen. L’année 1909 est relativement calme sur le front occidental et oriental du Maroc. Cette période est mise à profit pour construire et occuper les postes. La Légion étrangère au Maroc est présente de 1907 à 1956. Elle fait partie intégrante du paysage marocain où elle est présente sans interruption. Son œuvre est immense et son empreinte est encore visible aujourd’hui.

Sur la route en allant vers Ksar Tazougart, une très petite piste mène vers le Fort de Tazougart. Cette piste et les empierrements ont été façonnés par la main de l’homme. Arrivée au sommet, la vue est imprenable. On voit bien l’intérêt d’y construire ce fort, avec vue dégagée sur toute la région. Nous n’avons pas trouvé de documents concernant cet édifice. on ne peut que s’imaginer la vie ici, et à quoi pouvaient bien servir tous ces murets, enclaves,… peut-être des latrines ici, un puits ou issue de secours là, …. Et même cette pierre datée de 1921, mais montée à l’envers reste pour nous un mystère.

Boudnib ville fantôme :
Ainsi, au début du siècle dernier ce petit village était une importante place de commerce où transitaient les caravanes en provenance de Tindouf.  Et avant l’indépendance, un des principaux postes de commandements du protectorat.  Mais ce village, l’un des plus prospères de la région est devenu un village fantôme pendant de nombreuses années. Boudnib a payé le prix fort pour avoir « enfanté » le général putschiste Mohamed Oufkir, l’homme qui a comploté contre le roi Hassan II, coup d’état manqué du 16 Août 1972.

Boudnib aujourd’hui :
Cette ville se reconstruit. Nous avons pu visiter l’école primaire et rencontrer le Directeur. Les enfants, de 6 à 11 ans, travaillent en deux groupes, l’un le matin et l’autre l’après-midi. Il y a aussi un collège, un complexe sportif … Il ne reste que la porte d’entrée de l’ancienne caserne militaire française, la Redoute, à l’intérieur tout est détruit.

Cette région bénéficie aussi du Plan Maroc Vert pour une agriculture moderne et solidaire, avec une prévision de création de 100.000 emplois dans le secteur agro‐industriel de l’agriculture. La situation de Boudnib au Sud du massif montagnard du Haut Atlas oriental, est marquée par un climat subsaharien à forte influence continentale.

L’agriculture sera le principal levier de croissance pour les 10 / 15 prochaines années. Ici de très grandes exploitations sont en train de voir le jour 110 000 ha, des oliviers, des cultures maraichères et essentiellement des dattes. Il faut compter environ 193 palmiers par ha, avec un puits par ha. Dans 7 à 8 ans, quand tout aura poussé, tout ce qui semble désertique aujourd’hui sera vert, avec un changement dans le paysage et dans le climat.

Notre escale à Boudnib :
Le bivouac Rekkam Boudnib… Super accueil de François et de son équipe. Pour nous une halte sur les bords de l’oued Guir bien sympathique et bien méritée. En plus de l’accueil et des bons repas, nous apprenons beaucoup sur l’histoire de cette ville, de son passé avec les légionnaires et de son avenir avec le Plan Maroc Vert.

Nous profitons du soleil et du vent pour faire une séance de photographie aérienne par cerf-volant. Nous utilisons un flowform, une nacelle autoKap, et un Canon Ixus. Nous n’osons pas monté trop haut. L’Algérie n’est qu’à quelques dizaines de km. Comme vous pouvez le voir, le bivouac est plutôt agréable, et nous y avons dormi 3 nuits !

3 Comments

  1. Pour répondre à Claude :
    En 1902, lors de la colonisation, Colomb-Béchar fait partie des Territoires du Sud, subdivision de l’Algérie française entre 1902 et 1957. En 1958, elle fait partie du département de la Saoura. Après l’indépendance, elle prend le nom de Béchar

  2. Claude Amazighland

    Petite rectification, Colomb-Béchar est devenu algérien par la volonté du général de Gaulle, en fait c’est une ville marocaine.

  3. Toujours de la hauteur pour voir la vie d’un angle différent !

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