Ekaterinbourg, pour nous un passage obligé en Russie ! Dans cette ville, il y a exactement cent ans étaient exécutés le dernier Tsar de Russie, Nicolas II, sa femme, ses enfants, et plusieurs de ses serviteurs. A deux heures du matin, ce mardi 17 juillet 2018, à Ekaterinbourg, le patriarche orthodoxe Kirill a pris la tête d’une immense procession qui a réuni 100 000 personnes. Woki trouve refuge au pied de l’Eglise.
Dans l’Eglise de Tous-les-Saints, nous ressentons une immense ferveur. Dans la salle du bas, une petite chapelle, des photos de la maison Ipatiev et de nombreux portraits de la famille du Tsar, devant lesquels les pèlerins prient longuement. L’autel de l’église principale se trouve exactement au-dessus de l’endroit où les Romanov ont été exécutés.

L’église de Tous-les-Saints, de son nom complet : Eglise sur le sang versé en l’honneur de tous les Saints resplendissants dans la Sainte-Russie, ou Eglise-sur-le-Sang-Versé, a été bâtie à partir de 2000. Ici, à cet endroit, il y avait dans les années 1880 et jusqu’en 1977, la Villa Ipatiev, du nom de son propriétaire Nicolaï Ipatiev.
Rappel historique : 22 mars 1917 : après son abdication, le Tsar Nicolas II est placé en résidence surveillée à Saint Petersbourg. En août 1917, la famille Romanov est exilée en Sibérie, à Tobolsk.
En 1918, sous les ordres du Soviet de l’Oural, Nicolaï Ipatiev doit quitter sa villa. De hautes palissades sont érigées autour de la villa et les autorités Bolchéviques y emprisonnent la famille impériale et quelques-uns de leurs domestiques et le Docteur Botkine. Cette décision est prise par crainte que la famille Romanov ne s’évade.
Eté 1918 : un télégramme, signé par Iakov Sverdlov, donne l’ordre d’exécuter les prisonniers au nom du Soviet régional de l’Oural.

Vers minuit, le 16 juillet 1918, Nicolas II, sa femme Alexandra, ses quatre filles (Olga, Tatiana, Anastasia et Maria), son jeune fils (Alexeï), le Dr Botkine et leur quatre domestiques Ils sont conduits vers une pièce dans l’entresol. L’ex-empereur fait apporter deux chaises pour lui et sa femme. Un peloton d’une douzaine d’hommes apparaît et le geôlier déclare :  » Nikolaï Alexandrovitch, les vôtres ont essayé de vous sauver, mais ils n’y sont pas parvenus. Et nous sommes obligés de vous fusiller. Votre vie est terminée.  » Après la fusillade, les corps furent ensuite emmenés en forêt, aspergés de chaux et d’acide.

Jusqu’en 1974, la Villa Ipatiev était considérée comme un monument national. En 1977, Boris Elstine la fit détruire. Le projet d’une église commémorative fut accepté en 1990 et la construction commença au cours de l’année 2000.

Aujourd’hui, il y a pourtant un désaccord entre les Autorités de l’Etat et l’Eglise sur l’authenticité des restes du tsar, de son épouse Alexandra Feodorovna et de trois de leurs filles, Olga, Tatiana et Anastasia, qui ont été découverts en 1979 et inhumés. L’église orthodoxe conteste toujours leur authenticité. Les dépouilles d’une autre fille du couple impérial, Maria, et leur fils, le tsarévitch Alexeï, ont été retrouvés en 2007 seulement, à quelques dizaines de mètres de leurs parents, mais n’ont pas pu être encore inhumées, faute d’accord, là encore, avec les autorités.

Ci-dessus, Ekaterinbourg de nuit. Mais pour nous, petit retour en arrière sur notre longue route Novossibirsk – Ekaterinbourg.

C’est une longue route droite, mais droite ne veut pas dire simple. Beaucoup de tronçons en travaux. Et puis pour la première fois un problème de gasoil. Il nous faudra faire quatre stations-services avant d’en trouver. Des informations concernant  une enquête dans 13 régions russes, et confirmant un sous-remplissage des stations (76 % des stations) aurait-elle influencée la réaction des automobilistes ? (un peu comme en France quand on annonce une possible pénurie de carburant).
On a retraversé Omsk, ville aux deux visages, un côté le long du fleuve, avec de grandes avenues et des grands bâtiments, de l’autre des rues défoncées, sans trottoirs, des ruelles en terre et toujours pleine de gadoue. Ce n’est pas une ville qui nous attire. Puis de nouveau très gros bouchons, on est arrêté plus de 45 minutes puis on roule au ralenti … et là un drôle de bruit venant de Woki. C’est le Silent Bloc qui lâche, et tourner au ralenti n’arrange rien. On fait une réparation de fortune, mais le plus sage sera de s’arrêter dans un garage.

Comme on a en plus la vidange boite de vitesse à faire, je vérifie sur notre route, et pas loin, à Tyumen, un Toyota Center. On mettra plus de 2 heures pour rentrer dans la ville, et toujours le bruit du silent bloc. On dort devant la concession Toyota. Et une autre super équipe nous prend en charge. On nous explique que travailler chez Toyota, c’est un état d’esprit…. A méditer. Woki est nettoyé, choyé, réparé, photographié …. Et nous repartons avec un joli coussin rouge en cadeau. Merci pour votre accueil rassurant et votre professionnalise. Sur la route qui va de Tyumen à Ekaterinbourg : des petits villages, des champs cultivés. Plus agréable et moins monotone.

3 Comments

  1. Sabine Magnan

    Merci pour ce petit moment historique que vous nous faites vivre.

  2. Magi Walter

    Je vous envie – c’est une ville qui est encore sur ma liste « to go » – profitez bien !

  3. Jacques Bouyer

    Passionnant!

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